habriter affichePièce chorégraphique pour une danseuse, un musicien live et quelques parpaings ...

"Les rêves sont d’autant plus grands que le rêveur s’en tient dans un plus petit réduit"
Gaston Bachelard


Quel est notre espace minimum de vie, de survie ?
Où commence et se termine la notion de chez soi ?
Comment l’espace dans lequel nous vivons, conditionne-t-il la relation à nous-mêmes
et aux autres ?

 

 

Hab(r)iter nous emporte dans un univers brut, dépouillé, en constante transformation. La texture de la danse et l’univers musical puissant, joué en live, résonnent avec les matériaux présents : planches, parpaings, bâches... 
L’intime, dépourvu de murs s’y retrouve exposé, de la fragilité et de la révolte naissent la force et la dignité. De la précarité que nous renvoie la scénographie s’extrait un élan de vie transcendant le drame apparent. La poésie est ici nue, sublimée par l’intensité du mouvement.


Chorégraphie : Sébastien Molliex
Interprète : Emeline Nguyen
Musique live : Stéphane Paulin
Création lumière : Véronique Gougat
Scénographie : Sébastien Molliex, assisté de Véronique Gougat 

 

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UNE RÉFLEXION

Hab(r)iter est né d’une sensibilité et d’un intérêt pour les problématiques liées à l’habi- tat, et particulièrement celles touchant les populations les plus démunies. Ces dernières, mettant en exergue les questions liées au logement, au partage d’un territoire, aux enjeux relatifs à la propriété, nous parlent des espaces interpersonnels et d’espaces « vitaux » au sens large. Plus que de tenter de comprendre et d’analyser une problématique sociale, il s’agit ici de s’intéresser à nos processus de réactions face à la fragilité et la précarité.

 

UNE RECHERCHE

Depuis 2011, Sébastien Molliex mène un travail de recherche chorégraphique en extérieur avec Edwine Fournier (Cie Tangible). Ce travail les a amenés à explorer des territoires urbains (Ivry, 93) et ruraux (Glandage, 26) et à tenter un impossible jumelage. Dans ces explorations et les rencontres avec les populations de ces deux territoires que tout semble opposer, la problématique de l’habitat est au cœur des enjeux.

 

HABRITER SON CORPS

La pleine expression d’un individu ne semble être possible que si celui-ci a trouvé son espace de confort, de dépôt, son appui nécessaire à l’action. La maison, avec l’ancrage de ses murs, est le lieu symbolique de ce support. Elle contient notre intimité et est le lieu d’accueil de notre singularité.
Les maisons qui nous ont abrités demeurent en nous et leurs souvenirs réactivent des sensations. Le sol sur lequel nous avons appris à marcher, le premier meuble derrière lequel nous nous sommes cachés, sont inscrits dans nos pas, nichés dans notre ventre, soutiennent les courbes de notre dos.

Qu’advient-il quand le sol qui soutient mes pas ne m’appartient plus, quand le mur contre lequel je  m’adosse me rejette?
Sans maison, c’est mon corps qui devient mur, ma peau se fait barrière.
Toute rupture du monde devient alors un retrait possible où s’abriter devient une nécessité: m’approprier un espace, créer mes limites, mon contenant. D’un recoin faire une chambre, d’une brèche un couloir, d’un trou une salle d’eau.

 

HABITER SON CORPS

Mais mon corps est aussi une maison de chair dans laquelle je peux me retirer. Assis à l’intérieur de moi, j’observe le monde et le reçois. Je suis à la fois objet et sujet de ce corps, dedans et dehors, l’habitant et la bâtisse.

 

INFLUENCES

Cette pièce est nourrie de textes autour de la matière et de l’espace (Poétique de l’espace de Gaston Bachelard, Les Lettres, Poèmes à la nuit et Les cahiers de Malte Laurids Brigge de R.M. Rilke et Les œuvres et les constructions de Friedensreich Hundertwasser). Nous explorons aussi par la pratique du Body Mind Centering®, des états de corps singuliers, résonnant avec la texture des différentes matières présentes sur le plateau.

 


Soutiens Région Rhône-Alpes, le Conseil Général de la Drôme Coproductions Le Tricyle à Grenoble, le CLC d’Eybens et l’Espace Culturel Jean Carmet à Mornant (69) Accueils en résidence Le Pacifique I CDC à Grenoble, Le Pot au Noir à Saint-Paul-lès-Monestier, le CCN de Grenoble, Les Éclats à La Rochelle Remerciements Le Serre à Barnave, Cité Danse à Grenoble, Studio Lucien - Cie Propos à Lyon, ABC Danse à Grenoble
Décors et costumes réalisés par les ateliers de création de la Ville de Grenoble

Nous y sommes passés: La Fraternelle, St Claude (39) / CCN de Grenoble, dans le cadre des Presk’Iles (38) / Le Serre, Barnave (26) / Le Pot au Noir, St Paul-lès-Monestier (38) / L’autre rive, CLC, Eybens (38) / Festival Mouvement T, à Sausses (04) / La Grange Dimière, pays Voironnais (38) / Festival Mens Alors! (38) / Scène 7, Le Croiseur à Lyon (69) dans le cadre de la Biennale Off de la danse